Revelation

5 Déc

J’avais envie d’écrire en anglais, pour changer

 

She was lying on her bed. A pretty common situation for her. She couldn’t sleep, though. She was trying hard. But all she could think about was stressful stuff. She sighed one more time and resolved herself to move out. Not out like OUTSIDE INTO THE WILD. More like “outside the bed”. Which meant, in front of the computer.
So she sat and quickly glimpsed to the computer’s clock. It was 4:31 AM. She tried not to think that most people were not using their computers at an hour like this, in the middle of the week. She opened her browser and looked through her notifications. Nothing unusual. Some people liked some photos, whatever those were. Some people posted stuff on some groups, she did’nt care. Someone sent her a message. That might be interesting.
She opened the conversation. It was a good friend of her. She wished he was more than that, though, but that summarized a lot of her relationships. Anyway, he wasn’t very talkative. He only said:

« Hey.
You still up ?
I, uh, would like to tell you something. If you’re free »

Yeah, I always am free, it’s not like I’m very busy, she thought, sadly. She noticed he was still online. Well, wouldn’t hurt to talk to someone, for a change.

« Heya.
I’m here if you still wanna talk »

She clicked one another tab, but saw an instantly new notification. Wow, someone is eager to talk.

«!!!!
Yes!!
I’m soo glad you answered ! I don’t know what to do Connie

Wow, hold on Mr Goat, what happened ?
Pls remain calm

I’ll tell you, but first you have to promise me not to talk about this to ANYONE ELSE. Please this is important »

She hesitated. What was all this, all of a sudden ? She didn’t really like making promises. You never know what you are really promising not to talk about. Like, does the promise still stand if your friend committed a murder ?
On the other hand, you usually never say “no” to that. It’s more on the other person to hope that they’re trusting the right person.

«Okay, I won’t. You got my attention. Tell me /everything/, boy
– Aight. This might take a while, long post incoming… »

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Verre d’eau

27 Sep

 

  • Pour moi, juste un verre d’eau, s’il vous plaît

Le serveur la regarda de travers. Oh, oui, sûrement, un verre d’eau, il n’avait que ça à foutre, servir des verres d’eau aux gens, c’était son passe-temps préféré tiens.

Il s’en alla vers le bar, et revint quelques temps plus tard avec les boissons commandées. Deux bières pour le grand costaud, un cocktail pour le hipster barbu, un thé pour une autre hipster, et…

  • Je pourrais avoir un verre d’eau, s’il vous plaît ?

  • Oh, bien sûr, j’ai oublié, désolé. Je vous apporte ça tout de suite

Mgnf, qu’ça à foutre un verre d’eau… Pendant qu’il retournait derrière le bar, les conversations se poursuivirent :

« … pas si difficile que ça au final, même si j’ai dû manger tout mon inventaire pour survivre.

  • Après moi je m’en fous qu’il ressemble beaucoup à l’épisode 4, l’important c’est que j’ai passé un bon moment.

  • Tu penses faire le NaNoWriMo cette année toi ? »

Le serveur apporta un minuscule verre d’eau sans dire un mot et s’en alla en grommelant.

«  Nan, je pense en profiter pour écrire, mais à mon rythme », dit la demoiselle en engloutissant prestement son fichu verre d’eau. « J’ai une idée de fanfic… Un peu stupide, mais bon

  • Ah ouais ? Qu’est-ce que c’est ?

  • Euh, dit-elle avec un sourire gêné. C’est con hein. Mais genre, imagine Ned Stark de Game of Thrones qui arrive dans notre monde et tout et qui doit s’intégrer quoi. Je sais, on dirait un pitch de comédie à deux balles, mais j’ai envie d’essayer

  • Non c’est cool comme idée ! Et ça peut sûrement être bien fait. T’as un don pour l’écriture toi, de toutes façons…

Helena passa la main dans ses cheveux bleus ciel frisés, gênée à nouveau.

 

Ethan

3 Juin

Les toits d’en face luisaient, pendant qu’une pluie fine, presque invisible derrière la fenêtre, tombait depuis une heure.

Cela faisait maintenant six ans qu’elle se tenait là chaque soir. Sa façon à elle de rester debout face à l’injustice. Sa façon à elle d’honorer la mémoire d’Ethan, aussi. À neuf ans, æl était mortæ sous les coups de la répression. Chaque fois qu’elle en croisait un (ou une), elle revoyait le sang sur la matraque. Le mouvement en arc de cercle, précis, implacable. Elle entendait le bruit, crac, des os cassés. Les sirènes des ambulances, débordées, arrivées bien trop tard.

Elle avait frappé, elle aussi. Frappé le gars du SAMU qui voulait emmener Ethan à l’hôpital. Æl ne saignait même plus quand il est arrivé. Respirait à grand-peine. Déjà morte, de ça elle était certaine. Et quand bien même, beaucoup étaient mort-es dans les hôpitaux. Victimes du manque de moyens.

Elle l’avait prisæ dans ses bras, portæ comme dans les films les héros portent le personnage féminin qui sert de motivation au personnage principal. Elle voulait læ porter jusqu’au square des Boutons d’Or. Pour que son essence, son âme, ou elle ne savait pas trop quoi, vive à jamais dans ce lieu. Là où æl aimait rire, jouer, s’essouffler. Là où plein d’autres enfants venaient jouer, en paix. C’était le meilleur endroit où passer le restant de ses jours, pensait-elle.

Le square avait été incendié. La colère des opprimé-es de toujours avait trouvé refuge dans cet endroit isolé en plein dans les quartiers pauvres. Tout était détruit : les arbres calcinés, les herbes en cendres, les toboggans défoncés, tout, tout était noir et gris et mort. C’est là que la police la retrouva, au milieu des ruines du parc, serrant Ethan dans ses bras, couverte de sang et de cendres. Elle n’opposa même pas de résistance quand ils la bousculèrent et la traînèrent jusqu’au commissariat. Si Amir n’était pas venu, elle aurait probablement été inculpée pour meurtre.

Depuis tout ce temps, les ruines avaient laissé place à un supermarché super cher, super moche, où elle n’avait de toutes façons jamais mis les pieds. Mais elle le regardait, tous les soirs. C’était tout ce qui restait d’Ethan. Elle ne voulait pas aller voir la tombe grise et moche dans laquelle æl était enterræ.

Quelque chose pour toi

3 Juin

J’ai écrit ce très bref texte pendant un atelier d’écriture, on nous donnait au fur et à mesure des mots à inclure dans nos écrits. Enjoy (ou pas).

Le château des Tours Ombreuses offrait bonne chère, malgré son triste état. Le menu du soir était ainsi composé d’un rôti de porc aux cèpes, suivi d’une tarte au citron meringuée. Ned s’offrit ensuite une promenade digestive dans les jardins, où les fontaines offraient un magnifique spectacle, reflétant le clair de lune dans leurs eaux pures. Tout était parfait. Les petits flocons de neige d’un hiver tardif achevaient la perfection de ce paysage. Pareils à des étoiles tombant sur terre, ils commençaient à tapisser le sol d’une légère couche blanche. Avec un cadre aussi idyllique, Nestor n’avait probablement aucune idée de ce qui allait lui arriver. Ned le trouva assis sur un banc, humant paisiblement l’air du soir. Il l’accueillit avec un sourire.

« J’ai quelque chose pour toi », dit Ned en lui rendant son sourire et en fouillant dans sa poche.